Bugatti frappe une nouvelle fois fort avec la présentation de la Destrier, troisième création exclusive de son programme Solitaire, lancé en août 2025. Après les modèles Brouillard et F.K.P. Hommage, la manufacture de Molsheim change de registre : plutôt que de rendre hommage à un modèle précis de son histoire, la Destrier vise avant tout la pureté des lignes.
Une base radicale, une silhouette apaisée

La Destrier reprend le châssis et les soubassements techniques de la Bolide, l’hypercar de piste la plus extrême jamais produite par la marque. Mais elle s’en détache visuellement en abandonnant les ailerons, prises d’air surdimensionnées et autres appendices aérodynamiques qui faisaient la signature de sa devancière. Résultat : une caisse d’à peine un mètre de hauteur, un record chez Bugatti, et une ligne en C repensée qui s’arrête net avant les passages de roues avant.

La calandre en fer à cheval, plus large que sur la Bolide, reste l’élément identitaire incontournable. À l’arrière, l’aileron imposant cède la place à une solution intégrée, dans l’esprit de la Chiron Profilée. Les jantes passent également au format 20 pouces à l’avant et 21 pouces à l’arrière.

Côté teinte, Bugatti a créé une couleur multicouche inédite baptisée Sapphire Celeste, aux reflets proches du diamant, en clin d’œil à l’histoire d’un exemplaire mythique de Type 57 SC repeint en noir après avoir arboré une robe bleu saphir. Les éléments en carbone reçoivent un vernis bleuté assorti, tandis que des touches d’aluminium poli et un traitement chromé martelé à la main, évoquant les armures médiévales, viennent enrichir les détails.
Un habitacle façon haute couture

L’intérieur tranche radicalement avec le cockpit épuré et racé de la Bolide. Le propriétaire a sélectionné lui-même les matériaux : un mélange de cuir et de nubuck brun baptisé Ambre Voyageur, associé à un textile tricoté en 3D sans couture, parsemé de fils de cuivre, directement inspiré de la haute couture. Le nom du modèle est brodé sur les appuis-tête, et le drapeau tricolore discrètement placé sur la console centrale rappelle l’ancrage français de la marque.

Le mythique W16 sous le capot
Malgré son orientation résolument esthétique, la Destrier conserve l’ADN mécanique de Bugatti : le fameux W16 8.0 litres quadriturbo de 1 600 ch, hérité de la Bolide. Ce moteur, dont la carrière semblait terminée en 2024 avec le dernier exemplaire de la Chiron Super Sport, continue ainsi d’être célébré à travers ces créations en exemplaire unique.

La Destrier fera ses premiers pas publics lors de la Monterey Car Week, avec une présentation attendue au concours d’élégance de Pebble Beach le 16 août 2026. Une pièce que le directeur du design de Bugatti, Franck Heyl, imagine continuer à orner les pelouses des concours d’élégance dans cinquante ans.

Source : L’Argus




