Le Tour de France ne serait pas tout à fait le même sans le défilé permanent de ses voitures suiveuses. Qu’elles ouvrent la route au directeur de course, transportent les médecins ou portent les vélos de rechange des équipes au cœur du peloton, ces voitures font partie intégrante du paysage de la Grande Boucle.
Voici un retour historique sur les trois grandes époques qui ont marqué l’histoire des voitures officielles du Tour de France.
Les prémices : l’artisanat tricolore (années 1940 – 1950)
Bien avant la signature de partenariats exclusifs, les routes du Tour voient défiler dès la fin des années 1940 des modèles issus des catalogues des constructeurs français. Ces véhicules sont alors modifiés de manière artisanale pour répondre aux besoins de la course : découpes de carrosserie pour faciliter la communication avec les coureurs, ajouts de galeries pour les vélos ou aménagement pour les équipes médicales.
On croise alors des Peugeot 203 break, des 403 cabriolets, des Renault Dauphine ou encore de superbes breaks Simca Marly. Dès 1954, une berline Peugeot 203 spécifiquement transformée marque les esprits et arpente la course pendant près d’une décennie.

1962 – 1988 : L’hégémonie de Peugeot
L’année 1962 marque un tournant majeur : Peugeot signe un accord d’exclusivité avec les organisateurs et devient le tout premier fournisseur officiel de véhicules du Tour de France. Une suite logique pour la marque au Lion, très impliquée dans le cyclisme avec sa propre équipe pro (de 1901 à 1989).
Le constructeur de Sochaux profite de cette vitrine exceptionnelle, particulièrement boostée par l’essor de la télévision, pour mettre en avant ses nouveautés :
La Peugeot 404 (dès 1962) : Modifiée avec des portes arrière échancrées (façon “panier à salade” de la police de l’époque) pour faciliter les interventions en roulant.
Les Peugeot 504 et 505 : Elles prennent le relais au fil des décennies pour coller à l’actualité de la gamme.
La Peugeot 604 : Haut de gamme oblige, le directeur de course bénéficie du confort de cette grande berline habillée d’une livrée bicolore rouge et blanche.
Le fourgon Peugeot J7 : Lancé en 1965, il devient l’allié incontournable de l’assistance technique.

1988 – 2004 : L’accent italien avec le Groupe Fiat
En 1988, Peugeot passe le flambeau au groupe Fiat. La firme de Turin déploie une large palette de modèles pour dynamiser son image sur le sol français.
La Fiat Croma devient rapidement le couteau suisse de l’organisation. Pour le directeur du Tour, le groupe monte en gamme en lui confiant les clés de grandes berlines routières : d’abord la Lancia Kappa, puis la très élégante Alfa Romeo 166. Le public retient aussi le passage de modèles plus compacts ou originaux, comme les Fiat Brava, Palio, le coupé Fiat ou encore de petites Punto Cabriolet, idéales pour distribuer les consignes (ou les goodies) sous le soleil de juillet.

Depuis 2004 : Le règne de Škoda et le virage électrique
Face à l’explosion des coûts du partenariat, Fiat se retire et laisse sa place en 2004 à Škoda. La marque tchèque (propriété du groupe Volkswagen) réalise un coup de maître en fournissant chaque année une flotte impressionnante d’environ 300 voitures, s’offrant une popularité phénoménale en France.
Škoda a su calquer sa stratégie sur l’évolution des besoins du peloton :
Škoda Octavia (Berline et Combi) : Elle est devenue la voiture d’équipe par excellence, ultra-logeable et robuste.
Škoda Superb : Traditionnellement dévolue au directeur de course dans sa célèbre livrée rouge.
Le virage vert : La marque profite de l’événement pour faire sa transition énergétique. Le mythique directeur de course roule désormais en Škoda Enyaq, le SUV 100% électrique de la marque, rejoint par le tout nouveau Škoda Elroq.

(Pour les curieux, la maison mère Volkswagen place également quelques véhicules spécifiques, comme des Golf ou des T-Roc Cabriolet à disposition des médecins de la course !)




